SAMIEN La conquête de la planète froide

SAMIEN La conquête de la planète froide

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Colin THIBERT
SAMIEN La conquête de la planète froide
Grands Romans
 

Samien est bien installé dans le comté accueillant de Vomer avec sa talentueuse épouse Éphélide. Lorsqu’un coup d’Etat à Iskhion bouleverse l’ordre établi, Samien choisit l’exil sur Sephidar, la planète froide. Garwin y défend un poste avancé dans la solitude et le froid. Samien attend avec impatience de retrouver son vieil ami... 

Là-bas aussi l’aventure les attend, avec espions, peuplades colonisées et rebelles indomptables. 

Ce nouveau rendez-vous avec Samien est jubilatoire: l’action y est soutenue, et une belle place est faite aux femmes. 



Colin Thibert evoque Samien from Editions Thierry Magnier on Vimeo.




Le bucicorne portait encore son pelage d’hiver, d’un blanc crémeux, marbré de gris. Il se tenait si parfaitement immobile qu’on l’aurait dit sculpté dans le rocher. Relevant doucement le chien de son arquebuse, Bolumir l’ajusta et tira. Le coup partit avec un craquement sec. Lorsque la fumée se dissipa, il scruta l’éboulis, où l’animal aurait dû tomber, foudroyé par la balle de plomb. Il n’y avait rien. 

– Foutue malchance ! grommela-t-il. 

Son visage barbu affichait une expression de dépit si comique que Samien ne put s’empêcher de rire. De l’index, il désigna un point, un peu plus haut sur la falaise : le bucicorne était là, hiératique, paisible et, il en aurait juré, goguenard. Bolumir haussa les épaules et tapota sa gibecière bien garnie. 

– Pas grave ! On a les grouses. 

Depuis son installation dans le comté du Vomer, Samien accompagnait Bolumir presque tous les jours, à la chasse ou à la pêche. Il appréciait la bonne humeur inaltérable du petit homme et ses talents de pisteur. Il n’y avait pas un sentier, pas une grotte, pas une source dont Bolumir ignorât l’existence. Il connaissait les habitudes de tous les animaux sauvages et savait lire leurs traces. À partir d’une laisse, d’une plume ou d’une touffe de poils accrochée à un épineux, il était capable de déduire l’âge de la bête, son poids, la direction qu’elle avait prise."

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