Les monstres de là-bas

Les monstres de là-bas

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Hubert BEN KEMOUN
Les monstres de là-bas
Thierry Magnier Romans Jeunesse

Nelson est tout content de prendre le bateau pour rejoindre et enfin rencontrer sa correspondante étrangère. Fubalys est encore plus jolie que sur les photos échangées, ses parents sont très accueillants et le planning des sorties qu’on lui propose des plus alléchants. Alors pourquoi se sent-il mal à l’aise dans ce pays, pourtant si proche du sien ?
Nous sommes toujours les monstres de quelqu’un et cette jolie parabole en est une illustration toute simple, finement décrite.





L’aventure commençait ici. Sur ce bateau. Il le sentait. En retentissant, la sirène du San Martin déclencha l’envol de toute la colonie de mouettes qui s’était installée sur le pont supérieur dès le départ, pour profiter de la traversée du grand estuaire. Accoudé au bastingage, Nelson les observa s’éparpiller au-dessus des flots sombres. Les oiseaux s’élancèrent vers le phare qui se dressait à l’entrée de la baie. Le port de Brick-City se cachait là-bas, tout au fond. Malgré la brise parfois chargée d’embruns, Nelson avait passé toute la traversée sur le pont, à scruter l’horizon, à guetter les flots, et le moment où la côte apparaîtrait enfin à sa gourmandise de voyageur. Pas question de rater une seule image de ce qui, pour lui, prenait une allure d’expédition. Expédition ? Pour un peu plus de deux heures de voyage entre les deux rives de l’estuaire? Non, le mot n’était pas trop fort !

Hubert Ben Kemoun habite Nantes. Arpenteur de bitume, il répète qu'il n'aime que les villes, et encore, faut-il qu'un fleuve ou une rivière les traverse.
Auteur pour Radio France, il a rédigé des dramatiques et des pièces radiophoniques pendant un peu plus de douze ans. Mais il était trop triste de n'user que des ondes pour commettre ses crimes, aussi, on notera à son palmarès des pièces de théâtre et des comédies musicales.
Le noir est un des continents sur lequel il accoste le plus volontiers (William Irish demeurant son premier port d'adoption).
Hubert Ben Kemoun a aussi un certificat de séjour illimité dans les contrées sauvages de l'Oulipo et dans ses pérégrinations, il emmène de plus en plus volontiers les mômes, qui en savent autant que les grands sur le bonheur d'avoir peur.

 

 



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