L'ombre d'un père



agrandir l'image
Florence CADIER
L'ombre d'un père
Thierry Magnier Romans Jeunesse

Ce roman se passe en Nouvelle-Zélande. Gary y vit seul avec sa mère et ne sait rien de son père. Obstinément, et malgré les demandes répétées et insistantes de son fils, elle ne veut rien lui dire. Gary promène sa mélancolie et sa révolte sourde, obsédé par ce qu’il pense être un secret honteux et par des cauchemars récurrents.
Lorsqu’un soir, dans un bar, une jeune française l’aborde en lui disant qu’elle sait des choses sur son père, Gary est bouleversé. Mais Lola est agressée dans la rue et, plongée dans le coma, elle ne peut plus rien révéler... Gary retrouvera-t-il son père ?





Je me suis planqué dans mon coin habituel. Une ruelle où j’étais tranquille. J’ai tiré sur un joint en surveillant qu’un flic ne passe pas par là. Fallait pas gâcher mon plaisir. À cette heure-ci, ils faisaient des rondes dans Newtown ou Courtenay Place, et ils ne traînaient pas encore dans Cuba Street. Il était trop tôt. Comme d’habitude, ça me piquait la gorge, m’arrachait une toux, j’aspirais cette fumée âcre. Mais pour rien au monde, je m’en serais passé. Très vite, la tête m’a tourné, dressant un filtre entre moi et mes
démons.
Le vent s’était levé sur Wellington et chassait les derniers nuages qui avaient obscurci la journée. Il s’engouffrait dans mon blouson ouvert, je frissonnais.
Apera mon meilleur ami, m’attendait avec William, un nouveau dans le lycée et Talia. Dès que je pensais à elle, je paniquais, j’avais le souffle court, les mains moites. Talia me désarçonnait et je rêvais d’enfouir mes doigts dans sa chevelure sombre, d’embrasser ses lèvres moelleuses. J’imaginais la courbe de ses seins et mon désir montait. Talia, on avait tous envie de se coller à son corps sublime. Sauf que je n’osais
pas. J’espérais secrètement que le shit m’aiderait à me décoincer.
Le mégot brûlant a mis le feu à ma bouche, je l’ai jeté et je me suis décidé à entrer.
On ne voyait rien à travers les vitres, des posters des prochains concerts couvraient toute la surface des carreaux. Ça m’a contrarié, je voulais m’assurer qu’ils étaient là. Je détestais arriver le premier, être obligé de poireauter seul à une table en surveillant l’entrée. Les gens dans le bar pouvaient penser qu’on m’avait posé un lapin et je redoutais leurs regards condescendants. La parano me gagnait.

Florence Cadier a été élevée à la campagne, dans le Berry, au milieu de cinq frères et soeurs. Elle a été journaliste pendant de nombreuses années, en presse écrite puis audiovisuelle.
Elle a commencé à écrire des livres pour la jeunesse en 1995 en pensant à ses deux enfants. Puis, de nombreux ouvrages pour la jeunesse ont suivi. Aujourd’hui, quand elle n’écrit pas, elle anime avec passion des ateliers d’écriture pour enfants en espérant leur transmettre l’envie de raconter des histoires et d’en écouter.

 

Nouvelle venue aux Éditions Thierry Magnier, son roman Le rêve de Sam, paru aux éditions Gallimard, l’a révélée.



titretitretitretitretitretitretitre