Le pire concert de l'histoire du rock

Le pire concert de l'histoire du rock

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Manu CAUSSE
Le pire concert de l'histoire du rock
Thierry Magnier Romans Jeunesse
Ne pas se faire remarquer, être transparent au collège aux yeux des profs et des élèves,
ça, il savait bien le faire Jean-Sébastien Leforestier. Maintenant qu'il habite une petite ville, avec un petit collège c'est fini. Tout le monde se connaît, son secret est dévoilé : il joue très bien du piano classique et ne vit que pour sa passion. Contrairement à ce qu'il pensait, non seulement personne ne se moque de lui, mais le voilà recruté dans un improbable groupe de rock très très amateur en tant que bassiste. C'est ainsi que le musicien classique solitaire, un brin horripilant, pétri de certitudes, va découvrir le rock, la complicité avec des copains de son âge. C'est pas mal le rock en fait, ça déménage.





Mon jeu préféré a pour nom l'Homme invisible. Je suis sans doute le meilleur joueur au monde. Il faut dire que c'est moi qui en ai inventé les règles. Et que pour ce que j'en sais, je suis le seul à y jouer.Jusqu'à l'année dernière, c'était facile. Pas de problème pour jouer. Les conditions s'y prêtaient. J'étais en cinquième à Paris, dans le XIIe arrondissement. Un collège gigantesque, avec six cours de récréation, des kilomètres de couloirs et des centaines d'élèves de tous les âges, de toutes les origines et de tous les niveaux. Résultat : pendant les cours et les interclasses, je disparaissais. Comme ça. Je devenais transparent. Invisible.Oh, ça n'a rien de compliqué. Aucune magie là-dedans. Il suffit d'être plutôt petit, fluet. Pas trop non plus. Juste la moyenne. Le mieux, c'est des cheveux châtains, ni trop longs ni trop courts. Des yeux ni bleus, ni noirs, ni verts. Trop remarquable. Marron, c'est l'idéal. Comme une feuille d'automne. Ou de la terre.  Ou un sac en papier. Enfin, quelque chose qui n'attire pas l'attention.Pas d'appareil dentaire  - ou alors le plus discret possible. Rien qui vous fasse sortir du lot. Signe distinctif : néant.Au niveau scolaire, quel que soit votre niveau réel, vos capacités et votre intelligence, pas de bonnes notes, pas de mauvaises non plus. Il faut être un élève moyen. Un de ceux dont les profs se demandent toujours, à la fin du trimestre, quelle appréciation ils vont inscrire sur leur bulletin de notes. C'est bien, mais peut faire mieux. Ensemble satisfaisant. Davantage de participation attendue à l'écrit et à l'oral.Ils sont marrants, les profs. C'est plutôt facile d'échapper à leur radar. Il faut dire qu'ils en voient tellement, des élèves…

Né au début des années 70,a grandi dans le sud-ouest avec la ferme intention de
devenir une rock-star internationale. Les spectateurs des groupes de rock auxquels il a participé n’étant pas tout à fait du même avis, il s’est rabattu sur l’enseignement du français, avant de se consacrer entièrement à l’écriture depuis 2005. On peut encore parfois entendre chanter ses guitares (et crier ses voisins) du côté de Toulouse.
Traducteur, auteur de recueils de nouvelles et de pièces de théâtre pour adultes et adolescents, il a également écrit plusieurs romans bilingue comme Roméo@Juliette, Solo Rock ou My Love, Mon vampire aux éditions Talents Hauts. Il travaille actuellement sur différents projets de spectacles et de romans.

On peut le suivre sur internet : www.manucausse.net



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