Le bébé et le hérisson (NE)



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MATHIS
Le bébé et le hérisson (NE)
Thierry Magnier Romans Jeunesse

Mes parents sont des pignoufs !
Ils ne parlent pas, ils crient. Affalés sur le canapé, ils n’ont pas le courage de préparer les repas. Seuls les jeux vidéo et les magazines people semblent les passionner. Évidemment, dans ces conditions, qui s’occupe de Léo, le petit dernier ? Eh bien Guillaume et Manon, le frère et la soeur aînée, bien sûr. Et ils le font avec toute la compétence, le sérieux dont savent faire preuve les enfants dans des circonstances pareilles.
Quand les rôles sont inversés et que les enfants assument les responsabilités des parents, tandis que ceux-ci continuent leur vie d’ados attardés…
Les parents dorment, les enfants veillent.





La soirée est calme. Pas d’éclat de voix et presque pas de bruits de moteur venant de l’extérieur. Il pleut et il fait froid. Chacun reste chez soi. Dans le salon, on attend l’heure du film. Papa et maman regardent la météo en buvant une bière. Manon vérifie pour la troisième fois les résultats de ses devoirs et moi je feuillette mon livre d’histoire. Soudain, Léo se met à pleurer. Il a presque cinq mois et quand il pleure, celui-là, il y va à fond.
Ses cris traversent le béton des murs et le bois des portes comme si c’était du papier.
– Va dire à ton gosse de la fermer… dit papa à maman.
– Va lui dire toi-même, c’est toi l’homme ! répond maman.
Papa monte le son. Mais quand Léo pleure, c’est aussi pénible que de regarder la télé avec quelqu’un qui passe l’aspirateur dans la même pièce.
– Manon! grogne papa.
De mauvaise grâce, ma soeur s’en va bercer Léo. Cinq minutes plus tard, elle revient nous annoncer ce que nous savons déjà ; elle n’a pas réussi à le calmer. Alors papa se met à dodeliner de la tête en maugréant de sa voix grave :
– C’est pas possible, mais c’est pas possible…
Puis il se lève d’un coup, comme si un ressort géant l’éjectait du canapé. De la chambre du bébé, on l’entend crier :
– Non mais c’est pas fini ? Ça suffit, hein ! Je regarde la télé, moi !
Les cris de Léo se transforment immédiatement en hurlements. Ensuite papa déboule avec le couffin dans les bras.
– Jules, la porte !
– La porte de quoi ? je demande.
– La porte de l’appartement, bougre d’âne !
– Elle est fermée, je dis.
– T’es idiot, pfff…

Né d'un père alsacien et d'une mère basque, Jean-Marc Mathis ne parle ni le basque ni l'alsacien. Fils de maçon, il a traîné sur des chantiers avec son père et fait une formation de dessinateur en bâtiment. À priori, il était fait pour travailler dans le bâtiment, mais le goût du dessin et l'envie de raconter des histoires furent les plus forts. Son enfance est sa principale source d'inspiration. Jean-Marc Mathis a étudié à l'École de l'image d'Épinal et fait les Beaux Arts de Nancy. Il est titulaire du DNSEP. Il a exposé à Épinal, Nancy, Frouard, Lunéville, Paris, Genève et Liège. Il travaille comme illustrateur et auteur de bandes-dessinées pour diverses revues et journaux, et se consacre davantage aux livres jeunesse depuis l'année 2002.



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