Tu ne sais rien de l'amour

Tu ne sais rien de l'amour

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Mikaël OLLIVIER
Tu ne sais rien de l'amour
Thierry Magnier Romans Jeunesse

Malina et Nicolas s'aiment depuis leur tendre enfance. Et pour la mère de Nicolas, cet amour durera toujours... Mais en grandissant, les deux adolescents ont d'autres désirs. Que cachait cette détermination des adultes à les unir ? Nicolas va faire émerger un secret profondément enfoui.





Le cliquetis. Régulier, de plus en plus fort.
Il approche.
Fuir est inutile. La peur me paralyse. Ce bruit de griffes sur le carrelage me tétanise. Je voudrais disparaître. Qu’il disparaisse. Je ferme les yeux.
Déjà je perçois son halètement.
Je sens la chaleur de son corps. De son souffle.
Il est sur moi.
Je voudrais crier, mais aucun son ne sort de ma bouche grande ouverte.


Je me réveille d’un coup, une aspiration brutale qui m’arrache au sommeil.
Je suis assis dans mon lit. Mes yeux s’habituent à l’obscurité du studio. J’entends la ville, dehors, qui bruisse encore, qui jamais ne s’arrête tout à fait. Un ressac urbain qui me rassure.

Je n’avais plus fait le rêve du chien noir depuis neuf ans.
Pourquoi cette nuit ? Pourquoi ce retour soudain d’un songe qui m’a terrifié une partie de mon enfance ?
Je n’ai pas peur aujourd’hui. Mon coeur ne cogne pas dans ma poitrine comme avant, quand je me retrouvais essoufflé et glacé de sueur au milieu de la nuit. Je suis simplement étonné.
Pourquoi le chien est-il revenu me voir en rêve ?
Je me lève, je vais boire un verre d’eau à l’évier.
Je regarde Strasbourg depuis mon septième étage.


Je n’ai pas éteint mon ordinateur portable en me couchant. Je réanime l’écran d’une pichenette sur la
souris. Un petit 1 rouge indique que j’ai reçu un message. Je jette un oeil.
Maman.
C’est ma mère qui m’a écrit, elle qui n’aime pas ça, préférant de loin le téléphone.
Le message a pour titre : Ce qu’il vous faut savoir.
« Vous ? » Ma mère et moi ne nous vouvoyons pourtant pas !
Je m’assieds par terre devant la table basse et ouvre le message.
Pas un mot, mais une pièce jointe.
Décidément, cela ne ressemble pas aux façons de faire de ma mère. Cette lettre a des allures solennelles, presque officielles, qui m’intriguent.
Je clique sur l’entête du message et constate qu’il y a un autre destinataire en copie. Ou plutôt une autre.
Malina.
Je reste immobile un long moment. Cette fois, mon coeur s’est mis à cogner. La méfiance s’empare aussitôt de moi, plus instinctive que réfléchie.
Ce qu’il vous faut savoir ? Ce qu’il nous faut savoir, Malina et moi ?
Je me surprends à penser : « Quoi encore ? »
Qu’est-ce qu’il y a encore que je ne sais pas ? Je pensais avoir fait le tour des révélations depuis longtemps ! Depuis neuf ans. Et quoi, qui concerne Malina et moi ?
J’hésite à ouvrir la lettre maintenant. Demain, je suis
de garde, j’ai besoin de mon comptant d’heures de sommeil… Et puis, je repense au rêve du chien noir :
c’est comme s’il était venu m’avertir que j’avais reçu un message ! Un message du passé sur lequel il me faut, une fois encore, me pencher.

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