Il faut sauver la lune !

Il faut sauver la lune !

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Fred PARONUZZI
Il faut sauver la lune !
Thierry Magnier Romans Jeunesse

Valentin Duluoz n’est pas un enfant comme les autres. Rêveur il aime contempler la Lune. Ce qui énerve… tout le monde : ses parents, industriels fort occupés, son instituteur, et même le président de la République. Heureusement, ses parents font faillite et Valentin découvre les joies de l’amitié dans le bidonville où la famille a trouvé refuge. Avec sa nouvelle amie, ils embarquent pour une aventure aussi loufoque que dangereuse : sauver la Lune des griffes du terrible président Bob Tagadatsointsoin.





Valentin Duluoz n’était pas un enfant comme les autres. Il ne sortait presque
jamais de chez lui, n’avait ni visite ni ami, et passait le plus clair de son temps à
regarder… la lune ! Qu’elle soit ronde et joufflue, à ses quartiers ou en croissant,
elle offre le plus beau spectacle du monde. Un spectacle dont jamais il ne se
lassait. À tel point que les rares adultes qu’il croisait le lorgnaient d’un air agacé,
lui, le rêveur solitaire.
– Mais enfin ! pensaient-ils. Pourquoi cet enfant perd-il un temps précieux
à guetter ce ridicule machin là-haut ? N’aime-t-il pas notre monde ? Est-ce
que nous ne l’intéressons pas ? Sans doute est-il bête, tout simplement !
Bête comme ses pieds. Bête comme chou. Bête comme… la lune, tiens, qui le
passionne tellement ! Et c’est ainsi qu’était jugé Valentin, sans que personne
ne prenne la peine de le comprendre… Il vivait en compagnie de ses parents
et d’une gouvernante autoritaire dans une maison entourée d’un mur
hérissé de pointes, connue en ville sous le nom de « la boîte à chaussures »,
tant elle était laide. Gédéon, son père, était un homme d’affaires et dirigeait
une fabrique de lotions amincissantes et de crèmes antirides. Deux de ses
produits rencontraient d’ailleurs un succès planétaire : le gel Sacdosse, à base
d’épluchures de carottes et de gazon anglais, ainsi que la pommade Sanzimpli
arôme banane, aux extraits de plumes de pélicans. Valentin s’était rendu une
seule fois à l’usine familiale. Et les scènes auxquelles il avait assisté l’avaient
glacé d’effroi. Son papa courait dans tous les sens et aboyait des ordres à ses
employés, deux téléphones portables collés aux oreilles, les lèvres agitées de
tics nerveux. Sa maman, Cunégonde, tapait en grimaçant des colonnes de
chiffres sur l’écran de son ordinateur. Ils étaient affreux à regarder ! Quant à
la gouvernante, mademoiselle Pululu, c’était une femme froide et sèche. Elle
portait un chignon gris, de petites lunettes sans montures et avait les incisives
qui saillaient comme celles d’un lapin. En l’absence des Duluoz, elle veillait à
l’éducation de Valentin, mais en réalité elle détestait les enfants et prenait un
malin plaisir à le tyranniser, lui administrant des coups de règle sur les doigts
quand il se trompait dans ses tables de multiplication.
– Vous n’êtes qu’un cancre ! s’exclamait-elle alors. Un raté ! Un moins-que-rien !

Fred Paronuzzi est né en 1967 à Ugine, en Savoie, région qu'il habite toujours bien qu'ayant beaucoup voyagé pour enseigner le français au Canada, en Écosse et en Slovaquie. Outre ses activités d'écrivain, il est maintenant professeur de lettres et d'anglais en lycée professionnel.

 



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