L'occasion fait le larron (NE)

L'occasion fait le larron (NE)

agrandir l'image
  • thèmes
    - Amitiés
    - Humour
  • avril 2017 / cm / 96 pages
    ISBN 979-10-352-0014-5
    prix indicatif : 7.20 €
Claire GRATIAS
L'occasion fait le larron (NE)
Thierry Magnier Romans Jeunesse

Gus, Nounours et La Belette, trois potes, sont en route pour le cinéma, à fond la caisse sur leurs rollers quand ils croisent des convoyeurs de fonds qui sortent d’une banque. L’un d’eux s’effondre, victime d’une crise cardiaque. Nos trois compères en profitent pour s’emparer des sacs pleins d’argent et filer sur leur lancée. Trop bien ! Mais rapidement, tout se complique : où planquer le butin ? Une vieille maison abandonnée dans la forêt fera l’affaire. Lorsque la bande veut récupérer l’argent pour procéder au partage, la maison grouille de policiers : un cadavre a été découvert au premier étage. Pas si facile finalement de s’improviser gangster !





Il était exactement quinze heures quarante-huit quand le fourgon blindé s’est
arrêté devant la banque, rue de la Liberté, le vingt juillet.
Depuis huit jours, il faisait une chaleur caniculaire. Les rues étaient désertes et
les volets clos. Les gens ne sortaient qu’à partir de six heures du soir, et encore.
En plein soleil, le goudron fondait sur la chaussée. Dès que l’on quittait la
relative fraîcheur des maisons, on avait l’impression de pénétrer dans un four.
Environ une demi-heure plus tôt, La Belette s’était engouffré dans le fast-food
qui se trouvait cinq cents mètres plus haut. Ce jour-là, le restaurant était désert.
Slalomant entre les tables, La Belette avait évité de justesse la nana qui passait
mollement un coup de serpillière sur le sol. Soulevant la pointe de son pied
droit pour freiner, il a rejoint ses potes au comptoir.
– Te voilà ! C’est pas trop tôt ! a grommelé Nounours.
– Qu’est-ce t’as foutu ? a enchaîné Gus. On a dit : la séance de seize heures
quinze. T’es pénible : tout le temps à la bourre !
– Oh, hé, ça va les mecs, hein ! Mon frigo est tombé en panne.
– En quoi ça empêche d’être à l’heure ? a fait Nounours.
– Je l’avais pas dégivré depuis un siècle. La glace a fondu et a inondé ma piaule.
– Ben comme ça, tu t’es enfin décidé à nettoyer un peu ! a rigolé Gus.
– C’est ce que je voulais faire quand le voisin du dessous a débarqué, furax.
– Le dessinateur ?
– Oui. Il m’a traîné chez lui pour me montrer l’eau qui tombait du plafond. Il
veut que je lui file du fric.
– Et puis quoi encore ? a fait Gus.
– La flotte est tombée pile poil sur ses derniers dessins.
– Pas de bol.
– Huit jours de boulot foutus en l’air, qu’il gueulait.
Combien il demande ?
– Huit cents euros.
– N’importe quoi !
La Belette a secoué la tête.
– C’est pas mon jour de chance.
– Qu’est-ce que je vous sers ? a fait la petite boulotte qui se tenait derrière le
comptoir.
Ils ont commandé trois grands Coca, plus un cheese et une grande frite pour
La Belette. Gus a ouvert des yeux ébahis.
– Comment tu peux manger par cette chaleur ?
– Ben quoi ?
Nounours a haussé les épaules.
– Faudra qu’on m’explique : il bouffe trois fois plus que moi et il est toujours
aussi maigre. P’têt qu’il est malade, dans le fond…
La Belette a tapoté le ventre rond de son copain.
– Tu parles ! Je suis en bien meilleure santé que vous, ouais ! Moi au moins,
je fume pas !
– Tu vas pas remettre ça…
– Dans la fumée de cigarette, il y a du benzène et du cyanure d’hydrogène,
vous le saviez ?
– Du cyanure ? Sans dec…? a répété Gus, un brin inquiet.
– T’en es toujours à un paquet par jour, Nounours ? a demandé La Belette.
– Dix euros cinquante ! a annoncé la nénette à la caisse.
– Commence pas à nous casser les c… a ronchonné Nounours.
– Pardon ? !!!… s’est étranglée la boulotte.

Après avoir enseigné le français au collège et au lycée pendant une quinzaine d’années, Claire Gratias se consacre aujourd’hui à l’écriture de romans, tout en animant des ateliers d’écriture.